RITES DE DEUIL EN CHINE ANCIENNE.

Bonnard M. Revue Française d'Acupuncture. 1986;47:39-50.
Dans la Chine ancienne des Zhou orientaux (770-249 avant J.C),  tous les rituels socio-politiques étaient établis par la doctrine  confucéenne. Les San Li ou trois rituels classiques, qui servent  de base à notre étude, furent compilés au premier siècle avant  J.C. Parmi tous les rituels de mort et de deuil, celui établi  pour le décès d'un prince feudataire est particulièrement  démonstratif : de l'agonie à même le sol, à l'offrande Tan qui  clôt, au vingt-cinquième mois, le deuil officiel pour le fils  aîné, se succèdent de nombreuses cérémonies et offrandes. Des  principes stricts règlent la vie quotidienne des proches du  défunt. La rigueur des rituels diminue progressivement avec  l'intensité de la douleur pour laisser la place, à la fin du  deuil, au culte de la piété filiale dans le temple des ancêtres.  L'homme est le résultat du ciel et de la terre. Pendant sa vie,  son âme végétative Po est unie à son âme spirituelle Hun. A sa  mort, le Po deviendra Gui, âme sensitive, et retournera à la  terre, alors que le Huan deviendra Shen, âme raisonnable, et  s'élancera vers le ciel. Le Hun préside sur un axe vertical alors  que le Po est sur un axe horizontal dans le plan de l'existence.  En Chine ancienne, la famille vivait en communauté. Elle abordait  la mort d'un parent avec des rituels semblables à ceux qui  étaient accomplis lors du vivant de la personne défunte. La mort  n'était pas vécue comme un signe de disparition. Elle était  perçue comme une étape nécessaire pour permettre à la vie de  pouvoir se manifester de nouveau. Le culte des ancêtres avait  pour but de ne pas perdre le lien au principe. La piété filiale  était liée à la transmission, à la lignée. L'ancêtre permettait  à ses descendants de se relier à l'origine mystique et divine  selon un axe vertical.

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  • 05/12/2007 Ajouté le
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