ALLEMAND

Louis Augustin Allemand (1653-1728)
Médecin et  avocat au Parlement de Grenoble.

 

"Les secrets de la médecine des chinois consistant en la parfaite connaissance du pouls et envoyé de la Chine par un français, homme de grand mérite". Grenoble: Phillipe Charvys; 1671. Premier traité européen sur la médecine chinoise écrit par un missionnaire français à la cour impériale de Pékin. 

A gauche, l’exemplaire de la Bibliothèque de le Faculté de Médecine de Paris indique surajouté sur sa page de titre : Allemand (Louis-Augustin). A droite l’exemplaire de la Bibliothèque Nationale : l’ouvrage est anonyme. Louis-Augustin Allemand n’avait que 15 ans en 1668 (date de rédaction du manuscrit selon la préface) et n’a jamais voyagé hors d’Europe (alors que le livre est écrit de Canton) : il ne peut être l’auteur du traité.
Le traité est également attribué à Hervieu, mais Hervieu est né en 1671, année de la publication du livre et ne peut en être l’auteur. Huard : "Choulant attribue cet ouvrage à Hervieu mais indique aussi avec un point d’interrogation L.A. Allemand".

Pour Grmek, l’auteur probable est Philippe Couplet : il est un des trente missionnaires bannis de la cours de Pékin en septembre 1665 et relégués à Canton (ainsi qu’il est indiqué dans la préface du livre). Sur les trente, six sont francophones dont Couplet, originaire de Malines. Il a été le compagnon de Michal Piotr Boym et le nom de Philippe Couplet (Philippo Copletio) apparait sur la page de titre du Clavis Medica Ad Chinarum Doctrinam De Pulsibus de Boym.

C’est à Canton (comme l’a montré le professeur Grmek) qu’un jésuite anonyme français ou francophone a rédigé les « Secrets de la médecine des Chinois », imprimé à Grenoble en 1671. C’est le premier ouvrage français et c’est aussi le premier ouvrage occidental traitant de cette matière en langue vulgaire.
L’auteur, resté anonyme, en écrivit la préface à Canton le 21 octobre 1668. Ce ne peut être qu’un missionnaire français ou belge, exilé par la cour de Pékin sur les bords de la rivière des Perles de 1665 à 1668. Il est probablement aussi l’eruditus europaeus, auteur de trois lettres rédigées à Canton de 1669 à 1670 et reproduites dans l’ouvrage de A. Cleyer. Il n’indique pas ses sources dont l’une est probablement le Nei-king. Les « Secrets de la Médecine des Chinois », traduits en italien (1676) et en anglais (1707), eurent peu de retentissement. (Huard 1967).

"Les secrets de la médecine des chinois"  est inclus dans une réédition de 1699 du livre de Michel Baudier : "L’histoire de la Cour dv Roy de la Chine…avec les secrets de la médecine d’où les chinois se guérissent. Grenoble: François Champ; 1699".