PARENNIN

R.P. Dominique Parennin (1665-1741).


(Source : Favier A. Péking, histoire et description. Paris: Desclée de Brouwer. 1902).

Voir biographie  Ricci 21st Century Roundtable Database

Les Lettres édifiantes et curieuses forment une large collection de 34 volumes de lettres envoyées en Europe par des Jésuites missionnaires en Chine, au Levant, en Inde, en Amérique, et ailleurs. Publiés entre 1702 et 1776, cette collection fit beaucoup pour ouvrir l’Europe de la Renaissance (surtout la France) aux cultures non-européennes. Des publications partielles de lettres eurent lieu durant le XVIIe siècle (La toute première lettre imprimée fut celle de saint François Xavier aux étudiants de Paris, en 1545). Le père Charles Le Gobien, procureur à Paris des missions jésuites de Chine entreprit de les rassembler et de les publier ensemble. Comme le premier volume (sorti en 1702) fut très bien reçu, il en publia d’autres au rythme de un par an (vol. I-VIII). Il donna comme titre à la collection : Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères par quelques missionnaires de la Compagnie de Jésus. Le père Jean-Baptiste Du Halde prit la relève et publia (de 1709 à 1743) les volumes IX à XXVI. Finalement les volumes XXVII à XXXIV furent publiés par le père Patouillet, entre 1749 et 1776.

Parennin composa en mandchou, probablement de 1698 à 1722, un traité de médecine manuscrit dont un exemplaire, adressé le Ier mai 1723 à l’Académie royale des sciences, se trouve aujourd’hui à la bibliothèque du Museum national d’histoire naturelle à Paris. L’ouvrage comporte huit tomes dont quatre sont consacrés à l’ana­tomie, trois à la pathologie et le dernier à quelques questions de physique et à quelques maladies particulières aux femmes. La partie anatomique est inspirée de l’ouvrage de Pierre Dionis (Paris, 1690) pour le texte, et de Thomas Bartholin (Leyde, 1677) pour la plupart des figures (118 sur 175). II existe encore deux versions de cet ouvrage. La copie, achetée à Pékin (1901), fut donnée à la biblio­thèque royale de Copenhague, cinq ans plus tard. Nous avons déjà signalé l’édition qu’en ont faite A. Clod-Hansen (t 1925) et W.S. Johnson (Copenhague, 1928). II est probable que Parennin fit quelques dissections, mais nous n’en avons pas la preuve. Son travail complétait heureusement celui de J. Schreck et y introduisait la notion de circulation du sang et de vaisseaux lymphatiques.
K’ang-hi [l’Empereur Kangxi] fut d’autant plus frappé des exposés anatomiques euro­péens que, depuis plusieurs années, il s’était familiarisé avec la médecine occidentale en se faisant faire par le R.P. Parennin des extraits des comptes rendus de l’Académie royale des sciences, « habillés à la tartare Il avait conclu à l’utilité de «disséquer des condamnés à mort qui dédommageraient ainsi la société des torts qu’ils lui avaient causés ». Mais K’ang-hi se ravisa. Non seulement, l’ « Ana­tomie mandchoue » n’eut aucune place dans les collections scienti­fiques sortant des presses impériales, mais il permit à quelques rares privilégiés de la lire sans avoir le droit de l’emprunter ou de prendre des notes. « Ce livre est singulier, disait-il; il ne doit pas être traité comme les livres ordinaires ni abandonné à la discrétion des ignorants. » Et voilà comment l’« Anatomie mandchoue », qui aurait pu, dès 1723, avoir en Chine le retentissement qu’avait eu le Kaitai shinsho au Japon, en 1774, n’exerça aucune influence sur la médecine chinoise. De nombreux jésuites, parmi lesquels le R.P. Pierre-Martial Cibot (1727-1780) et surtout le R.P. Jean-Joseph Marie Amiot (1718-1793), étudièrent celle-ci sur place. (Huard1967)

Lettres edifiantes et curieuses ecrites des missions etrangeres, par quelques miffionnaires de la Compagnie de Jesus (Tome XVII). Paris.

Ordre de l’Empereur de Chine pour la traduction en langue tartare d’une anatomie complette & d’un corps de Médecine.
Lettre du P. Parennin, à Péking le premier may 1733.

Anatomie de Dionis traduite en tartare, Circulation du sang connuë anciennement des chinois, diverse questions de l’Empereur, son estime pour les découvertes faites en France.
Lettre du P. Parennin, à Péking le premier may 1733.

Description d’une plante semblable à un ver appelée Hia Tsao Tom Chom, description d’une autre plante appelée Tsang Ly, description de la rhubarbe, description d’une plante appelée Tam Coué, description d’une autre drogue appellée Ngo Kiao.
Seconde lettre du même à messieurs de l’Académie des Sciences, p 409-46.

Landry-Deron I. Histoire de quelques miroirs déformants Orient-Occident. Le Code de la nature, poëme de Confucius, traduit et commenté par le P. Parennin. Revue de Synthèse. 2002:209-41.


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