LE QUANG TRINH

Jean Le Quang Trinh (1883-?).

Premier vietnamien à passer une thèse de médecine. Il participera à la guerre de 14-18 et aura une activité politique en Indochine.

Le docteur Lê Quang Trinh, diplômé de la Faculté de Montpellier en médecine, pharmacie et agronomie, naturalisé français en 1911 et volontaire en août 1914, accompagne tout d’abord la colonne Friquegnon dans le Haut-Laos puis en 1917 rejoint le front français. Lors de la traversée, l' »Athos  » sur lequel il s’est embarqué est torpillé en Méditerranée. Promu au grade de médecin lieutenant, il sert successivement aux 22ème, 24ème, 18ème BTI puis au 2ème BCP et au 47ème RI. II est cité le 4 juillet 1918.

Croyances et pratiques médicales sino-annamites. Le Quang Trinh J. Montpellier: Thèse Médecine. 1911. [numérisé gera:7172].

 
 
Introduction

Nous nous proposons, en une étude très impartiale, appuyée sur une documentation authentique, de donner ici un tableau aussi exact que possible de ce qu’est l’art de guérir chez les Chinois et chez les Annamites.
Dans le cours de nos études médicales en France, nous avons été plus d’une fois frappé de ce fait que, parmi les conceptions scientifiques qui nous ont été enseignées à l’Université, il en est qui rappellent d’une façon frappante certaines données de notre antique et toujours stationnaire médecine nationale. Nous avons eu la curiosité d’entreprendre des recherches à ce sujet et nous avons été surpris de constater que la médecine indigène, malgré les bizarreries et les superstitions incontestables dont elle fourmille, présente sur plusieurs points de grandes analogies avec celle de l’Europe et qu’il lui est même arrivé parfois de prévenir celle-ci en thérapeutique et en matière médicale.
Nous n’avons pas l’intention d’établir dans ce travail un parallèle absolu entre les deux médecines, celle de l’Occident étant évidemment bien supérieure et infiniment plus scientifique ; mais nous tenons cependant à prouver que l’esprit d’observation n’a pas fait défaut à nos compatriotes et qu’au point de vue thérapeutique surtout il y a des choses à retenir et à étudier. D’ailleurs des voix beaucoup plus autorisées que la nôtre ont déjà soutenu une semblable opinion et nous pensons qu’au point de vue pratique il n’est peut-être pas sans intérêt pour les médecins français, dans le but de mieux faire adopter leurs procédés par les Annamites, de bien connaître la médecine de l’Extrême-Orient.