SIEBOLD

Philipp Franz Siebold (1796-1866).

Médecin et naturaliste bavarois. Diplomé en 1820, il entre au service de la Compagnie hollandaise des Indes orientales en 1822 et arrive au Japon en 1823 avec la légation scientifique hollandaise.

P. F. SIEBOLD (1796-1866) appartenait à une famille médico-chirurgicale. Il était le fils de Gaspard SIEBOLD (1737-1807), le neveu de Adam Elle SIEBOLD (1775-1828) et le cousin de Ch. Th. Ernest SIEBOLD (1804-1855). Avec KAEMPFER, BALZ et Robert KOCH, il fait partie de ces grands allemands qui ont contribué fortement au développement des sciences médicales japonaises. SIEBOLD introduisit au Japon le café, la belladone, la digitale, l’hyosciamine. Elève de Julius KLAPROTH (1783­-1835) il est l’auteur d’un dictionnaire scientifique hollando-japonais. On lui doit une encyclopédie sur le Japon archiv fur Beschreibung von Japan und dessen Neben und Schitz­landern (Leyde 1832-51), une Fauna Japonica (Leyde, 1838) et une Flora Japonica (Leyde, 1870). L’iconographie florale et faunique est due à KEIGA KAWAHARA. Les collections de SIEBOLD étant pour la plupart à Leyde et Munich, il est amusant d’en retrouver quelques débris à Paris. SIEBOLD subit profondément l’attrait de l’Extrême-Orient. Il eut une femme japonaise qui lui donna un fils, Alexandre, et une fille mariée à MORIFUSHI MISE qui fut l’interprète de BAUDOUIN. Elle-même maria sa fille, petite-fille de SIEBOLD, avec un médecin, YAMAWAKI, qui fut sous-directeur de l’Hôpital provincial de Nagasaki. Au moment de la mort de SIEBOLD, on glissa dans sa bière le livre du Juste Milieu, classique confucéen. SIEBOLD enseigna la botanique et créa un jardin botanique à Desima où il arriva en 1823. Il semble également avoir introduit la vaccination (1824) et le forceps au Japon. Il enseigna l’ophtalmologie et la chirurgie. Il fut également un médecin praticien très dévoué. La nuit il allait voir ses malades, précédé d’un domestique qui portait une lanterne sur le papier de laquelle était peinte son initiale « S ». Il fonda à Nagasaki une école médicale (Naroutaki Gakousha) et eut de nombreux élèves : SEIKAI TOTSOUKA, GENBOKOU ITO, GENDO TAKENOOUCHI, GENSEKI HABOU (1768-1854), CHOEI TAKAWO et RYOSAI Ko (1799-1846). II sut acquérir un très grand prestige dans les milieux japonais. C’est ainsi qu’il obtint de l’astronome de la Cour à Yédo, TAKAHASHI, une carte du Japon, ce qui constituait un crime de haute trahison. TAKAHASHI mourut en prison, les domestiques de SIEBOLD furent torturés, ses élèves persécutés et lui-même dut comparaître, à genoux, devant le tribunal de Nagasaki. Banni, il quitta le Japon en 1830, rapportant ses collections, ses notes, et les lys, les pivoines, les aralias et les chrysanthèmes qu’il répandit chez les horticulteurs occidentaux. Créé baron par le Roi de Hollande, il passa 20 ans à classer ses collections dans les Musées de Leyde, Munich et Nuremberg et à écrire. Après l’expédition du commodore PERRY, SIEBOLD revint au Japon comme ambassadeur officieux. Dans ce rôle nouveau pour lui, il réussit beaucoup moins que dans celui de savant. A ce moment, Napoléon III songea à lui confier également une mission diplomatique en Extrême-Orient. Et c’est ce qui explique peut-être la présence à la Bibliothèque Nationale de manuscrits annotés de sa main. Ce projet ne se réalisa pas et SIEBOLD mourut en 1866. SIEBOLD fut peint au Japon par IWAZAKI (un pharmacologue) et par KAKOUTAI. Il a également été représenté au milieu de ses élèves. Le centenaire de sa naissance a d’ailleurs été célébré avec éclat à Tokyo en 1896, autour du monument qui lui fut élevé. (Huard)

Siebold, Philipp Franz von, Zuccarini, Joseph Gerhard. Flora japonica, sive plantae quas in imperio japonico collegit, descripsit, ex parte in ipsis locis pingendas curavit.
Leyden. 1835. Volume 1.
Leyden. 1870. Volume 2.


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  • NOTE SUR LES ACCOUCHEMENS AU JAPON.

    Jacquet E. Nouveau Journal Asiatique. 1830;5:225-231.Compte rendu d'un mémoire publié en Hollandais par un médecin japonais (Mimazunzo) éléve de Philipp Franz von Siebold à la demande et avec des notes de celui-ci.