TOYE

Louis Marie Michel Toye (1824-1914).


Corvette à vapeur « le Colbert ». Louis Marie Michel Toye navigua sur ce bateau en mer de Chine de 1853 à 1856.

Louis Marie Michel Toye (1824-1914), chirurgien de la Marine, est quelquefois confondu avec son frère, Félix Henri Célestin (1831-1887). Tous deux, chirurgiens de la Marine, sont nés et morts à Toulon, Michel servit trois ans en Chine. A son retour, il soutint sa thèse. Elle contient : 1° des observations concernant des blessés chinois, soignés par TOYE ; 2° la traduction française d’un traité de chirurgie chinois dont le manuscrit original a été déposé à la Bibliothèque de l’Hôpital Maritime Ste-Anne de Toulon ; l’indication de quatre planches d’acupuncture, rapportées également de Chine par TOYE et données à la Bibliothèque de cet Hôpital. Le Traité de Chirurgie (n° 1584 B de la Bibl. de l’Hôpital Maritime Ste-Anne à Toulon) a été remis au Docteur TOYE par le R. P. VERNEZ, à Ti-Ka-Wei (près Changhaï en 1854). Il est attribué à Jean Siu, Médecin chinois né dans l’île de Tsouming et converti au catholicisme au cours d’un voyage à Changhaï, vers 1654. Les Chinois éminents dans les Sciences naturelles ou la Médecine qui ont porté ce patronyme, ont fait l’objet de recherches. Deux ont été trouvés Paul Siu, alias Siu KOUANG-K’I (1562 1633), naturaliste et historien de la Médecine, fut l’ami des Jésuites ; SEU CHEBOU (1818-1884), chimiste et historien de la Médecine. On insistera sur ce dernier qui est beaucoup moins connu en France, bien que son fils Siu KEEN-YIN (1845-1901) ait été un moment Conseiller de l’Ambassade de Chine en Allemagne. Son autre fils, Siu HOUA-FONG, chimiste également, développa en Chine les industries chimiques et dirigea personnellement une savonnerie. Siu KIEN-YIN mourut à Wou Han en 1901 en expérimentant des explosifs. L’œuvre des Siu a bien été étudiée dans l’Histoire des Sciences Chimiques en Chine, de YUAN HAN-TSING (déc. 1956), dont l’analyse a été donnée dans les Archives Internationales d’Histoire des Sciences.(Huard)

[il] servit trois ans en Chine. Il fit la connaissance du R.P. Vernez à Zi-ka-wei en 1854. Ce dernier lui offrit plusieurs planches d’acupuncture et un traité manuscrit de chirurgie chinoise attribué à Jean Siu (vers 1654). Ces documents sont actuellement conservés à la bibliothèque de l’hôpital Saint-Anne à Toulon. Toye en fit le sujet de sa thèse inaugurale (Montpellier, 1864). (source : Huard 1967).

Henri Cordier.L’observatoire de Zi-Ka-Wei. La Nature. 19 août 1905, N°1682. 
Bibliotheca Zi-ka-wei, une citadelle de culture. David Gosset, août 2003.

 

Toye LM. Notes sur l’Art médico-chirurgical des chinois. Thèse de Médecine de Montpellier; 1864.

 

Introduction
 
Du mois d’octobre 1853, au mois de décembre 1855, j’ai fait une station en Chine, sur la corvette à vapeur le Colbert, dont j’étais le chirurgien major. En cette qualité, j’ai été appelé à donner des soins à des Chinois dans les différentes villes que nous avons visitées et j’ai été chargé à Shang-Haï de la direction d’un hôpital que nos missionnaires possèdent à Ton-Ka-Tou, où étaient reçus journellement les blessés de l’armée impériale qui faisait le siège de la ville occupée par les Taï-Pings. En outre, j’ai parcouru bien souvent le camp des assiégeants et j’ai été à même de voir de près de quelle manière étaient traités les malheureux qui refusaient de venir se confier à nos soins ; enfin, grâce à l’obligeance des R. P. jésuites, j’ai pu me procurer une foule de renseignements du plus grand intérêt, et j’ai reçu d’eux un ouvrage inédit bien propre à faire connaître l’état de l’art chirurgical en Chine, comme on le verra en parcourant la traduction que j’en donne à la fin de ma dissertation.
C’est l’ensemble de ces divers documents coordonnés et trés-résumés que je viens soumettre aujourd’hui à l’appréciation de mes Juges, et je serais heureux si ce travail, avec ses lacunes inévitables, pouvait mériter leur approbation.
Dans une première partie j’exposerai sommairement et d’une manière générale la situation de la médecine proprement dite ; un second paragraphes aura pour objet l’examen spécial de l’état de l’art chirurgical. A cette étude sera jointe, comme complément, la traduction exacte et littérale du manuscrit qui résume actuellement toutes les connaissances que possèdent les Chinois en chirurgie.
 

Huard P, Verd Y et Ming Wong. Louis Marie Michel Toye (1824-1914), docteur en médecine de Montpellier et chirurgien de la marine, sa contibution à la connaissance de la médecine chinoise. Monspeliensis Hippocrates. 1960;9:9-12.

HECK S. Le chirurgien navigant Louis-Marie-Michel Toye dans les mers de Chine en 1854 . Thèse (médecine) Nantes 1985, 175p.


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