Edouard Antoine Jeanselme (1858-1935).

1358 vues 15/04/2009

Edouard Antoine Jeanselme (1858-1935).

Edouard Antoine Jeanselme (1858-1935).

Edouard Antoine Jeanselme (1858-1935). Né le 14 juin 1858 à Paris, c’est au cours de son internat à Saint-Louis, que Jeanselme eut les premiers contacts avec la dermatologie dont il allait devenir le troisième titulaire de la Chaire à la Faculté de Médecine de Paris.Interne des hôpitaux de Paris en 1883, c’est en effet dans le service de Hallopeau, chef de service à Saint-Louis, candidat malheureux à une chaire de dermatologie séparée des maladies syphilitiques, que Jeanselme prépara sa thèse sur Les dermites et l’éléphantiasis consécutifs aux ulcères variqueux et à l’eczéma des membres, qu’il soutint en 1888. Chef de laboratoire à Saint-Louis de 1894 à 1896, il fut nommé Médecin des hôpitaux de Paris en 1896, et c’est en 1898 que survint le premier événement qui marqua durablement sa carrière. C’est en effet en 1898 que Jeanselme fut chargé par le Ministre de l’Instruction Publique et le Ministre des Colonies, à l’initiative de Brouardel, doyen de la Faculté, de rechercher les moyens de la prophylaxie anti-lépreuse dans les colonies françaises de l’Extrême-Orient. Ce voyage, écrit-il dans sa leçon inaugurale, venait à point remplir « des loisirs forcés par la retraite de Fournier », dont il était l’agrégé et dont il ne fut cependant pas le successeur immédiat. Ce fut en effet Ernest Gaucher qui succéda à Alfred Fournier à Saint-Louis. Il accomplit donc pendant deux ans un grand et dangereux voyage au cours duquel il visita l’Indochine française (Cochinchine, Cambodge, Annam, Tonkin), traversa le sunnan puis redescendit l’Irraouadi jusqu’à Rangoon. De là, il visita les établissements sanitaires de Java puis le Siam et remonta le Mékong depuis son embouchure jusqu’à la frontiere chinoise.Le projet de Jeanselme en Indochine était de dresser la carte pathologique du pays. Il s’intéressa particulièrement à la lutte contre la toxicomanie à l’opium en préconisant des mesures d’ordre pédagogique et social (comportant notamment la mise en place d’un enseignement anti-opiacé sur le mode de l’enseignement anti-alcoolique), tout en soulignant la complexité du problème et l’importance de ses intrications culturelles qui rendaient la mise en place de cette politique de prévention très difficile. Parmi les autres centres d’intérêt de Jeanselme, on retiendra ses préoccupations concernant l’habitat et les conditions de l’hospitalisation et de l’instruction médicale. Ce voyage lui permit de recueillir les matériaux d’un grand nombre de publications concernant la pathologie exotique, qu’il s’agisse des leishmanioses, du paludisme, du pian, et bien sûr de la lèpre.

La médecine et les médecins d’après le code annamite. Jeanselme E. Bulletin de la Société française d’histoire de la médecine. 1906;5:34-49.