Jean Astruc (1684-1766)

1240 vues 07/11/2007

Jean Astruc (1684-1766)

Jean Astruc (1684-1766)

Jean Astruc (1684-1766) est le premier vénéréologiste européen a avoir ajouté à ses six cents références bibliographiques des références chinoises adressées par les RR.PP. Pierre Foureau (1700-1749) et Dominique Parennin, le frère Rousset et J.-F. Vandermonde, médecin à Macao de 1720 à 1723. II a poussé le scrupule jusqu’à reproduire les caractères médicaux chinois se rapportant à la syphilis, et c’est la première tentative de ce genre en Occident. Il a donné, ensuite, le texte du questionnaire adressé par lui à Pékin (1737); la première réponse à celui-ci parvint à Astruc en 1739, et elle parut dans la quatrième édition de son traité des maladies vénériennes (1777). Dès 1737, le R.P. Parennin avait adressé à l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg une lettre sur les maladies vénériennes en Chine. Elle devint la propriété de Antonio Nunès Ribeiro Sanchès (1699-1783), archiatre de la cour de Russie. Astruc avait admis l’origine américaine de la vérole et sa transmission en Orient et en Extrême-Orient par les Européens. Les ressemblances remarquables des différentes thérapeutiques uti­lisées dans toute l’Eurasie signaient pour lui l’origine unique de la maladie. Sanchès, dans son article de l’Encyclopédie, avait, au contraire, défendu l’origine précolombienne et européenne de la syphilis. (HUARD 1967)

C’est dans la quatrième édition (1773) de son livre (paru pour la première fois en 1736) que J. ASTRUC (1684-1766) désira, selon le goût du temps, ajouter aux quelque 600 auteurs qu’il avait déjà cités plusieurs références chinoises. Aussi adressa-t-il, en 1737, un questionnaire à la Mission de Pékin. Le R. P. FOUREAU (1700-1749) lui répondit en 1739 en s’appuyant sur l’autorité du R. P. PARENNIN (1669-1741) et du Fr. ROUSSET (1609-1758). Il lui envoya également des échantillons de médicaments chinois qui furent examinés par Antoine et Bernard DE JUSSIEU. ASTRUC entra également en rapport avec Jacques Fr. VANDERMONDE, médecin de la colonie portugaise de Macao de 1720 à 1723, et qui avait rapporté de Chine une collection de médicaments tirés du règne minéral. C’est dire que son information est sérieuse et qu’il connaît le Pen ts’ao Kang mou de Li CHE-TCHEN (1518-1593). Il expose correctement les analogies entre les conceptions chinoise et occidentale et leur assigne une origine commune, peut-être arabe. Il a poussé le scrupule jusqu’à reproduire les caractères médicaux chinois se rapportant à la syphilis et c’est la première fois qu’une pareille tentative apparaît en Europe (Dissertation I. -­De origine, appellatione, natura et curatione Morborum Venereorum inter Sinas). (Huard)

De morbis venereis libri sex : in quibus dissertur tum de origine, propagatione & contagione horumce affectuum in genere, tum de singulorum natura, aetiologia & therapeia, cum brevi analysi & epicrisi operum plerorumque quae de eodem argumento scrpita sunt. Leiden, édition de 1736.

On y retrouve la recette du vin de crapaud ; celle des pilules de Li Che-Tchen comparées à celles de Barberousse et la description de fumigations mercurielles (Huard).